18 février 2026
Les taux croissants de cancer colorectal, en particulier chez les jeunes adultes, ont incité à mener des recherches urgentes sur des stratégies de prévention efficaces. Même si les dépistages et les modes de vie sains restent essentiels, une étude récente suggère qu’un nutriment négligé – le magnésium – pourrait jouer un rôle surprenant dans le renforcement de la santé du côlon. Le lien réside dans la manière dont le magnésium influence les bactéries intestinales et, surtout, la capacité du corps à produire de la vitamine D en interne.
Le lien intestin-magnésium-vitamine D
Une recherche publiée dans The American Journal of Clinical Nutrition révèle qu’une supplémentation en magnésium peut augmenter les niveaux de bactéries intestinales bénéfiques capables de produire de la vitamine D au sein du système digestif. Ceci est important car de nombreuses personnes souffrent d’une carence en vitamine D en raison d’une exposition limitée au soleil, de carences alimentaires ou de leur situation géographique. Les bactéries intestinales constituent une voie supplémentaire pour la synthèse de la vitamine D, renforçant potentiellement la protection contre le cancer du côlon.
L’étude indique en outre que cet effet est particulièrement fort chez les individus présentant des variations génétiques spécifiques liées au métabolisme du magnésium. Les femmes ont notamment démontré des bénéfices plus prononcés. Cela signifie que les prédispositions génétiques peuvent influencer la façon dont une personne répond à une supplémentation en magnésium.
Pourquoi c’est important : la crise de la carence en vitamine D
La vitamine D ne concerne pas seulement la santé des os ; c’est un puissant immunomodulateur et joue un rôle dans la croissance et la différenciation cellulaire. L’insuffisance généralisée en vitamine D constitue un problème de santé mondial. Le corps obtient généralement de la vitamine D à partir du soleil, de la nourriture (poissons gras, œufs) ou de suppléments. Mais pour beaucoup, ces sources sont insuffisantes.
La découverte passionnante est que certaines bactéries intestinales peuvent contourner ces voies traditionnelles et produire de la vitamine D directement dans les intestins, dans de bonnes conditions. Le magnésium semble être un facteur clé dans la création de ces conditions, favorisant la croissance des microbes producteurs de vitamine D.
Implications pratiques : Comment augmenter l’apport en magnésium
L’augmentation de l’apport en magnésium est réalisable grâce à des ajustements alimentaires :
- Légumes verts : Les épinards, la bette à carde et le chou frisé sont d’excellentes sources.
- Noix et graines : Les graines de citrouille, les amandes et les noix de cajou fournissent un coup de pouce pratique.
- Légumineuses : Les haricots noirs, les pois chiches et les lentilles sont à la fois riches en magnésium et en fibres.
- Céréales entières : Le quinoa et le riz brun sont des choix supérieurs aux céréales raffinées.
- Chocolat noir : Optez pour 70 % de cacao ou plus pour une gâterie au magnésium (avec modération).
Pour ceux qui envisagent de prendre des suppléments, le bisglycinate de magnésium est une forme bien absorbée avec des effets secondaires digestifs minimes. Les signes d’une carence en magnésium comprennent des crampes musculaires, de la fatigue et de l’irritabilité.
Ce qu’il faut retenir : une approche à plusieurs volets
La prévention du cancer colorectal nécessite une stratégie holistique. Des dépistages réguliers, une alimentation riche en fibres, une activité physique et désormais, potentiellement, un apport suffisant en magnésium contribuent à réduire les risques. Cette recherche met en évidence l’interaction complexe entre la santé intestinale, la nutrition et la prévention des maladies. Bien que des études supplémentaires soient nécessaires, le fait de soutenir les bonnes bactéries intestinales avec suffisamment de magnésium peut offrir une couche supplémentaire de protection contre le cancer du côlon.



















